Les génériques à travers le temps

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• Introduction


Générique - Le Prisonnier (1967 - ITV)

Générique – Le Prisonnier (1967 – ITV)

Un générique est certainement une des choses les plus complexes à produire pour une œuvre cinématographique ou bien télévisuelle, son but premier étant de présenter les acteurs et techniciens y ayant participé. Au début, il s’agissait seulement d’un enchaînement d’images fixes et de texte. Mais très vite les réalisateurs y ont vu un moyen de marquer le spectateur. Du côté de la télévision britannique, nombreuses sont les séries ayant un générique aussi culte, voire même plus que l’œuvre en elle-même. Si je ne devais en citer qu’un, ce serait celui de la série Le Prisonnier, un petit chef-d’œuvre de narration visuelle, accompagné d’une musique signée Ron Grainer. Non seulement il résume le point de départ de l’intrigue, mais il est aussi le début du premier épisode.

Bien évidement Doctor Who a marqué bon nombre de générations grâce à son générique, ne laissant personne indifférent. Et si, depuis 1963, il a de nombreuses fois changé, il n’en reste pas moins le même avec sa propre identité.

• Primitif mais futuriste


Générique William Hartnell (1963 - 1966)

Générique William Hartnell (1963 – 1966)

La paternité du générique revient à la productrice Verity Lambert et au graphiste Bernard Lodge. C’est Verity Lambert qui décida dès le début d’utiliser un tout nouvel effet vidéo surnommé “Howlaround” (intraduisible en français). Elle contacta par la suite Bernard Lodge pour qu’il réalise quelques lettrages, dont celui du logo de la série. Lodge opta pour un lettrage sobre et classique, en superposant tout simplement le mot DOCTOR sur le mot WHO, plus gros. Il hérita finalement du montage du générique.

Doctor Who étant une série de science-fiction, l’effet “Howlaround” était tout à fait novateur à l’époque, et son aspect “test de Rorschach” allait marquer les esprits pendant de nombreuses années. Cet effet a été découvert par Ben Palmer pour la BBC dans les années 1950. Et sa première utilisation remonte à 1959 pour une adaptation d’Amahl and the Night Visitors. D’ailleurs, un des plans a été réutilisé dans Doctor Who : il s’agit de la ligne blanche au tout début du générique, ressemblant à une faille temporelle déchirant l’espace-temps.

Bien qu’une partie du générique utilise des stock-shots de cet effet, Verity Lambert dû louer un studio pendant une demi-journée afin de filmer des effets bien particuliers, principalement pour intégrer le titre de la série, ce qui permit à Lodge d’expérimenter. Dès le début, Lodge souhaitait intégrer le visage du Docteur. Mais Verity s’y opposa, pensant que ça serait trop effrayant. Lodge fit quand même un test avec Tony Halfpenny. Le résultat était plutôt dérangeant, car cela lui donnait un aspect assez fantômatique.

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Illustration du procédé Howlaround

Passons à présent à la partie technique. Les caméras utilisées par la BBC à cette époque étaient imposantes, sur pied, difficiles à transporter, et surtout elles n’enregistraient pas. Elles ne servaient qu’à capturer une image et l’envoyaient directement sur un moniteur. L’enregistrement se faisait dans la salle de contrôle du studio. Ils utilisèrent donc une caméra, dirigée vers un moniteur de contrôle en noir et blanc (donc une télévision) qui affichait l’image capturée par la caméra. L’image obtenue sur le moniteur est d’abord noire, puis commence à créer des formes distordues, semblant s’éloigner : c’est l’effet “Howlaround”. Pour ajouter de la complexité à la chose et obtenir différentes formes, il suffit de placer une image entre la caméra et l’écran : l’image obtenue passe alors en boucle de l’une à l’autre, de plus en plus déformée. Le reste se passe sur le banc de montage, où les différents effets enregistrés sont montés ensemble et mixés. En ce qui concerne la musique, Bernard Lodge ne rencontra qu’une fois la compositrice Delia Derbyshire  et lui demanda uniquement à combien de secondes le titre apparaissait. Ainsi les deux furent réalisés séparément.

Plus d’informations : Doctor Who et la musique

Générique Patrick Troughton (1966 - 1969)

Générique Patrick Troughton (1966 – 1969)

En 1966, Patrick Troughton remplace William Hartnell dans le rôle titre. Mais il faudra attendre 1967 et l’histoire The Macra Terror pour avoir un nouveau générique, toujours réalisé par Lodge lui-même. Plus expérimenté, il poussa l’effet encore plus loin et intégra enfin le visage du Docteur. Mais ce ne fut pas une chose facile. Afin de ne pas rendre Troughton effrayant, il fit faire des photos du visage de l’acteur éclairé par une lumière venue du haut et de face, atténuant ainsi un maximum les ombres sous les yeux. Pour l’effet de déchirement, il utilisa une plaque de polystyrène éclairée par une seule lumière. En bougeant la plaque, les ombres étaient modifiées, permettant après de créer la transition au montage. Il en profita également pour changer le titre de la série, en remplaçant la police simple et carrée du début par des lettres avec empattement. Malgré cela, on est encore loin d’un logo à proprement parler.

Générique Jon Pertwee - Version 1 (1970 - 1973)

Générique Jon Pertwee – Version 1 (1970 – 1973)

Deux ans plus tard, Jon Pertwee prend la relève, et la série passe à la couleur, ce qui demanda obligatoirement un nouveau générique. Cependant Lodge se retrouva face à un problème technique : l’effet “Howlaround” ne fonctionnait pas avec les nouvelles caméras couleurs. Il décida donc de réaliser tous les effets avec l’ancien matériel, puis intrégra plus tard la couleur à l’aide de filtres. Il rendit également le générique beaucoup plus symétrique, en alternant entre différentes formes géométriques. Bien sûr, la tête de Pertwee fait également partie du générique : son visage est éclairé de manière symétrique sur les côtés. Lodge tenta également d’aller plus loin en intégrant l’acteur en entier dans le générique. Jon Pertwee y apparaissait les bras levés, tenant sa cape dans ses mains, mais le plan ne fut pas conservé pour le montage final. Il en profita également pour réaliser un vrai logo pour la série.

• 1974 : L’odyssée du générique.


Générique Jon Pertwee - Version 2 (1974)

Générique Jon Pertwee – Version 2 (1974)

Pour la dernière saison de Jon Pertwee, Barry Letts souhaitait changer de générique. Fini l’effet “Howlaround”. Bernard Lodge se dirigeant dans une tout autre direction, il opta pour un effet beaucoup plus complexe permettant aussi beaucoup plus de choses : le slit scan.

Ce procédé photographique inventé par Joseph Puchberger en 1843, servait à réaliser des photographies panoramiques. Mais ce n’est qu’avec l’arrivée de la pellicule photographique, remplaçant les plaques en verre, que le slit scan est devenu vraiment populaire. Une de ses applications fût les photos d’arbitrage pour les courses hippiques ou bien d’athlétisme et, même à l’heure du numérique, le procédé est toujours utilisé dans ces deux domaines. Au cinéma, l’une des utilisations les plus connues se retrouve dans le film de Stanley Kubrick : 2001 : L’odyssée de l’espace, sorti en 1968. C’est d’ailleurs dans ce film que Bernard Lodge puisa son inspiration.

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Illustration du procédé utilisé pour 2001: L’odyssée de l’espace

Bernard Lodge souhaitait donc créer un véritable couloir temporel, donnant l’impression au téléspectateur de voyager à travers l’espace et le temps. Il utilisa un banc-titre, appareil surtout utilisé dans le monde du dessin animé. La caméra est montée à la verticale au dessus d’une table rétro-éclairée. La position verticale est réglable à volonté et elle est même motorisée dans certains cas. Il utilisa des sacs plastiques blancs qu’il déchira et éparpilla sur une longue plaque transparente et appliqua par-dessus un filtre polarisé. Il équipa également l’objectif de la caméra d’un filtre polarisant. Au travers de ces filtres, le blanc des sacs plastiques devenait un dégradé aléatoire de bleu ou de vert, l’orientation des filtres permettant de faire varier ces couleurs. Au dessus de la table, il ajouta une feuille de papier noir munie d’une fente en son centre. La caméra étant réglée de manière à ce que le papier noir remplisse le cadre de l’image. Seul ce qui apparaissait au travers de la fente imprégnait la pellicule. Il régla donc sa caméra sur une pause longue, et pendant que la pellicule recevait la lumière, il fit descendre la caméra le long de son axe vers le bas et déplaça également les sacs plastiques sous la feuille de papier. Au travers de l’objectif, la fente semble grandir. Le résultat est une traînée de formes colorées.

Bernard Lodge réalisa également un nouveau logo, le célèbre losange, qui sera décliné en plusieurs variantes et utilisé pendant encore de nombreuses années dans les publications officielles ou non. Malgré cela, il n’était pas tout à fait satisfait du résultat final, en particulier le moment où le couloir prend la forme de Jon Pertwee.

Générique Tom Baker - Version 1 (1974 - 1980)

Générique Tom Baker – Version 1 (1974 – 1980)

Avec l’arrivée de Tom Baker, il put de nouveau expérimenter et peaufiner le rendu. Si le logo ne changea pas, Lodge décida de ne faire apparaître que le visage de Tom Baker, et abandonna l’idée du corps s’éloignant au profit du TARDIS, tel que suggéré par Philip Hinchcliffe. À ce propos, l’intégration du visage de l’acteur ne fut pas chose aisée dans les deux cas : la surexposition de la pellicule nécessaire pour réaliser l’effet ne permettait pas d’y intégrer une photo sans que celle-ci ne devienne entièrement blanche. Il utilisa donc une feuille composée de centaines de petits points, réduisant la quantité de lumière atteignant l’objectif. Le générique, d’une durée d’à peine quelques secondes, lui demanda pas moins de trois mois de travail.

Au cours de ses six années d’utilisation, le générique ne sera remanié qu’une seule fois, pour la première partie de l’histoire The Ark in Space. Les couleurs du générique sont modifiées à l’aide d’un filtre, pour lui donner un ton plus proche du marron. Ce générique est certainement le plus connu et le plus reconnaissable — et ce sera la dernière réalisation de Bernard Lodge pour la série, laissant sa place l’année d’après à Sid Sutton et Terry Handley.

• L’attaque des Néons de l’espace


Générique Peter Davison (1981 - 1984)

Générique Peter Davison (1981 – 1984)

John Nathan Turner, nouveau script editor, remplaçant Douglas Adams, décide que la série a besoin de quelques modifications. Et c’est donc en 1981 que les téléspectateurs découvrirent un tout nouveau générique pour le Quatrième Docteur, un générique rempli d’étoiles et de néons.

Fini le visage mystérieux du Docteur et l’aspect claustrophobique du couloir du temps. Sutton et Handley optèrent pour quelque chose de beaucoup plus ouvert. Pour réaliser le champ d’étoiles, ils utilisèrent de nouveau un banc-titre. Mais, en lieu et place des sacs plastiques déchirés, il se servirent d’une seule feuille de papier noir, percée de petits trous. À chaque image, la caméra descendait progressivement sur son axe. Seule la lumière passant par les trous était capturée par la pellicule. Le résultat final donne l’impression d’avancer à travers un champ d’étoiles. Il multiplia cet effet au montage, et ajouta même des filtres pour réaliser les grosses étoiles colorées. Un nouveau logo fût également utilisé, le fameux losange laissant sa place aux néons. Un style extrêmement populaire dans les années 1970 mais qui deviendra vite dépassé.

Générique Colin Baker - Version 1 (1984 - 1985)

Générique Colin Baker – Version 1 (1984 – 1985)

Ce générique servira à trois Docteurs, et ne recevra que peu de modifications, hormis le changement de visage du Docteur. Lorsque Colin Baker remplaça Peter Davison, le logo devint un peu plus coloré, comme pour s’accorder au costume patchwork du nouveau Docteur. Le WHO du logo est également légèrement incurvé. Cependant cette modification n’est utilisée que pour le générique, les produits dérivés gardant la version précédente. Chose assez subtile, le thème de la série sera réorchestré le temps d’une saison, plus précisément pour Trial of a Timelord. Si Colin Baker n’avait pas été viré par la BBC, cette nouvelle version serait probablement restée plus longtemps.

• L’avénement de l’image de synthèse


Générique Sylvester McCoy (1987 – 1989)

Après un hiatus de plusieurs mois, le Docteur revint sur les écrans en 1987 avec l’histoire Time and the Rani, qui met en scène un tout nouveau Docteur, incarné par Sylvester McCoy, et un tout nouveau générique, réalisé par Oliver Elmes et la compagnie CAL Video.

Ce générique est entièrement réalisé en images de synthèse. Elmes reprit des éléments du générique précédent, et les poussa plus loin grâce à l’imagerie numérique. Désormais la caméra ne fait plus seulement qu’avancer d’avant en arrière : elle peut désormais se déplacer dans toutes les directions. D’abord une explosion, puis une galaxie violette, et enfin la matérialisation d’un TARDIS prisonnier d’une bulle également violette. Puis vient enfin le visage de l’acteur, Sylvester McCoy, maquillé en argenté.
En 1984, CAL Video avait travaillé sur un documentaire à propos de la comète de Halley. Ils réutilisèrent donc certains éléments pour le nouveau générique. Sa réalisation nécessita trois mois de travail et un budget de 20 000 £. Il sera utilisé jusqu’à l’arrêt de la série, et même après puisqu’une version accélérée, accompagnée d’un remix techno, sera utilisée pour le tristement mauvais Dimensions in Time. Quant au logo, il sera réexploité pendant de nombreuses années sur les romans du Septième Docteur publiés par Virgin ainsi que sur les plus récentes novélisations Target.

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Quelques années plus tard, la série revient sur les écrans avec le téléfilm de 1996, une co-production américaine, dont le générique s’inspire massivement de celui de l’époque de Tom Baker. Mais les Américains opteront pour le logo de la période Jon Pertwee. Ce générique a été réalisé par le studio Canadien Northwest Imaging & FX, sous la supervision d’Eric Alba. Entièrement réalisé en images de synthèse, il servira sans le savoir de base au générique de 2005.

• Un nouveau départ


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Génnérique Christopher Eccleston (2005)

Russell T. Davies parvient à convaincre la BBC de relancer Doctor Who et le 26 mars 2005, les téléspectateurs sont littéralement propulsés à travers le temps et l’espace dans un nouveau générique, également en images de synthèse, accompagné de la musique de Murray Gold. Le TARDIS voyage d’abord à toute vitesse à travers un vortex temporel bleu, avant de s’arrêter puis de repartir dans un autre vortex, rouge cette fois-ci. Puis vient le logo, métalisé. Ce générique, réalisé par The Mill, reflète bien le nouveau rythme des épisodes, et restera presque inchangé pendant toute la période RTD. Il ne subit que de légères modifications : d’abord un nouveau logo durant la saison 2, puis un nouveau TARDIS bien plus tard, au passage à la haute définition. Une autre modification sera faite pour le générique du dessin animé The Infinite Quest, diffusé épisodiquement dans l’émission Totally Doctor Who. Le TARDIS photoréaliste y est remplacé par une version en cell-shading, reprenant l’aspect général du programme.

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Générique Matt Smith – Version 1 (2010 – 2012)

Fin 2009, David Tennant laisse sa place à Matt Smith dans le rôle-titre, et Steven Moffat remplace Russell T. Davies. Et, bien sûr, un nouveau générique est annoncé, plein de promesses, avec le retour du visage du Docteur, absent depuis le téléfilm de 1996. Mais finalement, nous aurons le droit à un générique bien différent, réalisé par Christopher Mainz de Framestore en à peine trois semaines. Les formes abstraites réminiscentes du générique de Tom Baker sont remplacées par un couloir nuageux. Mais le choix le plus controversé est le nouveau logo, incorporant un “DW” stylisé entre DOCTOR et WHO. Ce petit gimmick destiné au marketing ne fit pas l’unanimité auprès des fans, certains trouvant sa présence incongrue. Cependant on peut noter l’originalité de la transition, les lettres se transformant en TARDIS par une simple rotation. Mais en 2012, pour la saison 7, la BBC décide de changer un peu le générique : le “DW” disparaît du logo, et désormais le logo DOCTOR WHO se verra adapté en fonction du thème de l’histoire (des sphères pour Asylum of the Daleks, etc.).

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Générique Matt Smith – Version 2 (2013)

La saison 7 étant découpée en deux, un nouveau générique est réalisé pour la seconde partie, à partir de l’épisode de Noël The Snowmen. Cette nouvelle version, produite par le Peter Anderson Studios, est utilisée jusqu’au départ de Matt Smith. Cette interprétation repart dans l’espace, semblant s’inspirer du générique de la période du Septième Docteur. Mais surtout, le visage du Docteur fait de nouveau son apparition après presque vingt ans d’absence — apparition originale puisque le visage est formé par les nuages de gaz que la caméra traverse. Un nouveau vortex du temps fait tout de même son apparition à la fin, pour finir sur les portes du TARDIS. Lorsque Peter Capaldi reprend le flambeau, un nouveau générique est bien évidement produit, mais celui-ci a une particularité : il est l’oeuvre d’un fan, Bill Hanshaw, remarqué par Steven Moffat lui-même.

• Le fandom en ligne


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Concept original de Bill Hanshaw

Le 16 septembre 2013, Bill Hanshaw, un graphiste indépendant, poste une vidéo d’un concept de générique basé sur la série Doctor Who. Il souhaite en effet faire carrière dans l’audiovisuel et plus précisement dans la télévision et le cinéma. Ce générique est donc pour lui une démonstration de ses compétences. Il n’est bien évidemment pas le seul à produire ce genre de vidéos, de nombreux fans autour du monde proposent leurs propres versions, plus ou moins basées sur ce qui a déjà été fait. Dans le cas de celle de Hanshaw, il y a incorporé des engrenages, une spirale en forme de cadrans d’horloges et plein d’autres petits détails. Sa vidéo est vue par les internautes de nombreuses fois, mais les statistiques restent raisonnables.

There is nothing more thrilling than when the audience talks back. Billy’s brilliant concept for a new Doctor Who title sequence, is the only truly new idea I’ve seen since the very original. It was a pleasure to get him to the Doctor Who studios to work on a broadcast version. This is the Doctor Who dream incarnate – the TARDIS can appear any moment and whisk you to the stars.
Steven Moffat

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Steven Moffat (Gauche) et Billy Hanshaw (Droite)

Le hasard a fait qu’un de ces internautes ne soit autre que Steven Moffat lui-même. En février 2014, Hanshaw reçoit une demande de contact sur le site de réseau professionnel LinkedIn de la part de Brian Minchin, producteur exécutif des saisons 8 et 9. S’il crut d’abord à une imposture, ses doutes furent vite dissipés lorsqu’il reçut un email de Minchin, lui disant que Steven Moffat et lui-même étaient en admiration face à son générique et qu’ils souhaitaient son aide pour travailler sur celui de la saison 8. Il va sans dire qu’il accepta immédiatement. Quelques semaines plus tard, Hanshaw se rendit à Cardiff pour rencontrer l’équipe de production de la série, afin de discuter du générique et des idées à retenir ou non. Dès le départ, il fût décidé que la montre et le sceau de Rassilon devaient disparaître. Quant au visage du Docteur, la question resta ouverte, la production n’étant pas sûre de le laisser. Bill Hanshaw repartit donc, la tête pleine d’idées, pour travailler sur une nouvelle ébauche. Ébauche qui fut ensuite transmise à BBC Wales VFX pour la version finale. Il produit deux versions, une avec le visage du Docteur, l’autre sans.

As the Series’ Post Production Supervisor, I arranged to meet with Billy and his colleague Jonny to discuss their concepts, ideas and find how we could further develop those ideas. Working closely with the BBC’s Visual Effects Supervisor Sue Land and her team in Cardiff a new set of titles were created based on Billy’s original concept. The timescale for the whole process, from the initial meeting to the titles being aired first time in Cinemas worldwide was in television terms relatively short, but despite these pressures both Billy and Jonny were incredibly collaborative and creative throughout. It was a thoroughly exciting and enjoyable experience.
Nerys Davies, Post Production Supervisor,
Doctor Who Series 5,6,7,8 and 9

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Générique Peter Capaldi (2014)

Après être passé devant l’équipe de production, de nouveaux choix furent faits, comme de placer les noms des acteurs plus tard dans le générique, de faire se dérouler la spirale, ainsi que de changer la couleur violette pour du bleu, couleur plus représentative de la série. Quant au visage de Peter Capaldi, on peut dire qu’ils ont coupé la poire en deux en ne faisant apparaître que son regard et ses sourcils.

Une fois tout ceci validé, c’est BBC Wales FX qui eut la lourde tâche de reproduire et d’adapter le travail de Billy Hanshaw. Ce dernier ne vit le résultat final que lors de l’avant-première de la saison 8, en particulier pour la musique. La BBC souhaitant absolument garder le secret sur le nouvel arrangement, il lui avait été demandé de se baser sur la version de Christopher Eccleston, les deux ayant le même tempo.


Pour aller plus loin

– Doctor Who Magazine, n°478, novembre 2014
“Like clockwork”, p. 44-45, dossier sur Billy Hanshaw.

– Doctor Who Magazine Special, n°40, avril 2015
“Into the Unknown”, p. 6-9, interview de Bernard Lodge.
“Luminous Clouds and Time Corridors”, p. 10-13, dossier revenant sur l’évolution du générique de la série jusqu’à la saison 8.
“Doctor’s Letters”, p. 96-98, dossier sur l’évolution et l’utilisation du logo depuis 1963.

– Billy Handshaw Studio (http://billyhanshaw.co.uk)
Citations de Steven Moffat et de Nerys Davies.

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