Doctor Who et la musique

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• La musique dans la série.


The Doctor Who Theme

Le générique de Doctor Who a été composé par Ron Grainer et enregistré par le BBC Radiophonic Workshop en 1963. Il sera utilisé dès le premier épisode de la série. Malgré de nombreux arrangements au fil des ans et des saisons, la structure principale restera la même, se qui en fera l’un des génériques les plus reconnaissable de la télévision britannique. C’est d’ailleurs l’une des partitions utilisées depuis le plus longtemps dans l’histoire de l’audiovisuel anglais, surpassé uniquement par les thèmes de Coronation Street (du même compositeur) et James Bond !

Il s’agit aussi de l’une des premières utilisations de la musique électronique.

Si le thème reste très proche de l’original pour les quatre premiers Docteurs, à partir de la saison 18 des arrangements supplémentaires sont ajoutés, et ne cessera d’être modifié jusqu’au téléfilm. A noter que l’arrangement le plus éloigné de l’original est certainement celui pour l’épisode « Dimension in Time ».

En 2005, Murray Gold, reprenant la partition originale, y introduit ses propres arrangements, et il le modifiera encore à partir de la saison 5 de la nouvelle série, rendant le générique un peu plus dramatique.

La bande originale : de Dudley Simpson à Murray Gold

Pour la série classique, on peut distinguer deux types de musiques de fond : Les musiques « en stock » et les créations originales.
Les musiques « de stock » n’étaient pas composées spécialement pour un épisode en particulier. Le plus souvent, il était choisi par le directeur dans le stock de musiques que contenaient les archives de la BBC.

Au point de vue des créations spécifiquement pour un épisode de la série, différents compositeurs se partagent souvent une ou plusieurs périodes.

Ainsi, pour la période William Hartnell (1963-1966), les compositeurs Norman Kay, Tristram Cary et Dudley Simpson s’occupent de la majorité des épisodes. D’autres compositeurs interviendront, souvent rarement pour plus de deux histoires, et les musiques en stock seront beaucoup utilisés (notamment pour l’épisode « The Space Museum »).

Voici une liste non-exhaustive des compositeurs, selon leurs périodes restantes :

  • Période Patrick Troughton (1966-1969) : Dudley Simpson
  • Période Jon Pertwee (1970-1974) : Dudley Simpson, Carey Blyton, Tristram Cary.
  • Période Tom Baker (1974-1981) : Dudley Simpson, Carey Blyton, Geoffrey Burgon jusqu’à la fin de la saison 17, ou Dudley Simpson (principal compositeur) se fera remplacer par Peter Howell, Paddy Kingsland et Roger Limb pour la saison 18.
  • Période Peter Davison (1982-1984) : Peter Howell, Paddy Kingsland, Roger Limb, Malcolm Clarck, Jonathan Gibbs.
  • Période Colin Baker (1984-1986) : Malcolm Clarke, Jonathan Gibbs, Peter Howell. Trial of the Timelord: Dominic Glynn, Malcolm Clarke, Richard Hartley.
  • Période Sylvester McCoy (1987-1989) : Keff McCulloch, Dominic Glynn, Mark Ayres.
  • Téléfilm avec Paul McGann (1996) : John Debney, Louis Serbe et John Sponsler.

Du style plus simple et dépouillé de Dudley Simpson à la musique foisonnante et étrange de la période McCoy, la série Classique aura connu de grandes heures musicales, elle aussi, avec des épisodes à la bande-son inoubliable, tel City of Death

Pour la nouvelle série, à partir de 2005, s’est beaucoup plus simple : en plus de réorchestrer le générique, Murray Gold occupe seul la position de compositeur de la série, ce qui donne à l’ensemble une grande cohérence de style, et ce malgré les changements de scénaristes. Créant des thèmes pour les personnages, des musiques spécifiques à une seule scène (personne n’a oublié « Doomsday » !), des passages chantés… Se réinventant continuellement, sa musique ne reste ni figée, ni lassante. Il s’occupera aussi de la réorchestration de ses musiques pour les faire jouer par un orchestre en direct aux Doctor Who at the Proms, et créera également les musiques de différents mini épisodes (tel que « Music of the Spheres »).

Allusion musicale dans la série et chansons originales

On retrouve tout du long de la série des références musicales, qu’elles soient contemporaines à la diffusion, plus anciennes… où même totalement inventées !

Créations originales :

Dans la nouvelle série, les exemples sont assez nombreux, a peu près toutes écrites par Murray Gold : The Song of Captivity and Freedom, que chantent les Ood en latin, parle de leur peine et leur espoir lorsqu’ils sont tenu sous le joug de l’humanité (« Cuncta Clament » début de la chanson signifie « Toutes les plaintes», contrairement à beaucoup de transcription, parlant de « Cum tacent clament », qui ne veut rien dire.). The song of Abigaïl, pour l’épisode « Christmas Carol », apaise le requin volant, alors que Tick Tock, Goes the Clock nous fait frissonner de peur dans « Night Terror ». Stowaway fait office de musique de Noël à bord du Titanic de « Voyage of the Damned », et Donna chante, lors de son premier épisode « The Runaway Bride », une chanson originale nommée Love Don’t Roam.

Il arrive, même plus rarement, qu’une chanson déjà existante soit modifiée légèrement, comme pour My Angel Put the Devil in Me que Tallulah chante dans « Daleks in Manhattan ».

Song for Ten et Vale Decem ne sont pas considérés comme des chansons interprétées par des personnages, donc sont à placer dans la catégorie « musique de fond ».

Dans la série classique, les chansons originales ont aussi leur place, même si elles sont moins nombreuses. Si le Premier Docteur s’amuse à jouer de la harpe en silence dans « The Romans » et si le Second Docteur joue de la flûte baroque, il arrive que des chansons accompagnant la musique s’égarent dans leurs histoires : Dans « The Gunfighters », histoire du Premier Docteur, Steven Tailor chante, accompagné au piano par Dodo Chaplet, The Ballad of the Last Chance Saloon.

Il y a aussi des berceuses : Venusian Lullaby est chanté par le Troisième Docteur pour endormir Aggedor dans « The Curse of Peladon ». Cette berceuse sera reprise plusieurs fois au long de la série. On entend quelques paroles d’une autre berceuse Gallifreyenne, dites Rassilion Lullaby, dans l’épisode « The Five Doctors », alors que le Second Docteur tente désespérément de se souvenir des paroles entières.

Il est aussi arrivé à d’autres compagnons de chanter, comme Kamelion dans « The King’s Demon » (The King’s Song)

Reprise de chansons dans la série :

Les exemples sont ici beaucoup plus nombreux, et ce qui va suivre ne sera certainement pas totalement exhaustif.

L’un des premiers hommages à la musique – et l’un des plus flagrant – date de l’époque du Premier Docteur : Dans « The Chase », Vicky insiste pour voir la retransmission d’une émission de la BBC où les Beatles chantent Ticket to Ride. Ian et Barbara s’étonnent de la voir connaître les Beatles, elle qui vient de près de cinq siècles dans le futur, ce à quoi elle répond avoir visité un mémorial à Liverpool (ce qui existe en vrai maintenant !)… et compare le groupe de rock à de la musique classique. D’autres allusions aux Beatles seront visibles au long de la série, comme dans « The Three Doctors » ou Jo Grant répond « Goo-Goo-Ga-Joob » aux explications étranges des Second et Troisième Docteurs, paroles issues de I’m The Walrus, commençant en effet par «I am he as you are he as you are me and we are all together. ». D’autres se glisseront plus discrètement : Love Me Do, Paperback Writer, Let it Be.

Dans la nouvelle série, le Onzième Docteur exprimera le désir de rejoindre les Beatles, ce qu’il ne fera pas… pour le moment !

Plusieurs morceaux de musiques classique se sont aussi incrustés dans les histoires ; Le Bolèro de Ravel, Madame Butterfly, et surtout La Donna è Mobile, chanté par les Troisièmes et Onzième Docteurs !

Des airs anciens et traditionnels (Jingle Bells, Holly Dolly), des chansons pour enfant (La comptine de « Fear her », et quelques chansons de Disney…) se mêlent à de plus modernes (Toxic, Poker Face, Feel Good Inc. et surtout Vodoo Child, dans une scène ou le Maitre ne peut s’empêcher de danser !) pour le plus grand plaisir des spectateurs, et dans le but d’ancrer clairement la série dans le monde réel.

Un autre hommage immense, à Electric Light Orchestra, est fait dans l’épisode « Love and Monster » : la chanson Mr. Blue Sky sert de toile de fond à l’épisode tout entier !

La liste serait trop longue, mais tendez l’oreille ; peut-être reconnaîtrez-vous, au détour d’un épisode, votre chanson préférée ?

• TRock, ou Time Lord Rock : La musique des Whovians.


Une musique par les fans, pour les fans

Depuis les années 2000, on a pu voir se constituer de nombreux sous-genres musicaux dédiés à des séries, films ou livres. Le mouvement le plus populaire et représentatif reste le Wizard Rock, ou WRock, consacré à la célèbre franchise à Harry Potter. Il en existe d’autres exemples (le TwiRock pour Twilight, mouvement quasi mort-né, le ShRock plus récemment – pour la série Sherlock BBC…).
Le TRock, ou Time Lord Rock, dédié à la série Doctor Who, s’inscrit dans le mouvement, mais pas seulement. Plus bas dans le dossier, vous découvrirez que l’origine du TRock est antérieure aux années 2000.

Cet hommage musical s’est surtout développé sur la plateforme Myspace, mais aussi sur Youtube pour les groupes plus connus, tel Chameleon Circuit.

Dans la suite du dossier, nous parlerons surtout des groupes et des chansons faisant références quasi exclusivement à Doctor Who, mais sachez tout de même que des allusions à la série se sont glissés dans des chansons de groupes plus connus, tel Iron Maiden (et la chanson Caught Somewhere in Time figurant sur l’album eponyme. A l’arrière de la pochette de cet album, on peut apercevoir un TARDIS posé sur le toit d’un immeuble).

Traits caractéristiques du TRock (moderne)

  • Les noms des groupes sont, la plupart du temps, une référence à un personnage, objet, alien, épisode, période, scène… issue du Whoniverse.
  • Les paroles des chansons y font référence également.
  • Les paroles des chansons peuvent reprendre des parties de dialogue de la série.
  • Le courant s’inscrit comme sous-branche du Rock et de l’électro.
  • Pour la musique en elle-même, nous avons droit soit à des compositions originales, soit des réorchestrations des musiques de la série (que ce soit le générique ou un thème de Murray Gold), soit des parodies de chansons existantes avec des paroles adaptées.
  • Les périodes les plus prisées (comme sujet de chanson) sont celles des Dixième et Onzième Docteurs, et à fortiori la nouvelle série.

Une origine plus ancienne

On ne peut pas désigner à proprement parler comme « TRock » les chansons antérieures aux années 2000. Elles seraient plutôt désignées comme « Tribute », hommage à la série, ou faisant partie d’un certains merchandising.

Trois exemples particuliers peuvent être retenus : le cas des singles de « Who is Dr. Who » dans les années 60, celui du mouvement « Who Cares » et le groupe « The Timelords », tout deux dans les années 80.

Les différents singles qui sont sortis dans les années 60 (à partir de 1964) sont maintenant disponibles dans un album complet, Who is Dr. Who depuis 2000. Il est malheureusement très difficilement trouvable (et à un prix exorbitant). Ses singles ont surfés sur le succès de la série, mais surtout sur celui du film, et sont interprétés par différents groupes de l’époque : « The Go Go’s » notamment y interprète « I’m Gonna Spend My Christmas With Dalek ». C’était un groupe particulièrement en vogue. Vu la Dalek-Mania de l’époque, ce single c’est particulièrement bien vendu.

Plusieurs acteurs ont eux aussi chanté pour la série. Le plus illustre d’entre eux est bien entendu Jon Pertwee, le Troisième Docteur, qui interprète « Who is the Doctor » et « Pure Mistery » – à noter qu’on l’entend pousser la chansonnette à plusieurs reprises dans la série.

Roberta Tovey, qui a joué Susan, la petite fille du Docteur dans les films, enregistre aussi plusieurs chansons très mignonnes, typiquement dans le style des années 60. Mention spéciale pour « Whose Who ? ». Cela a bien sûr un coté enfantin – elle n’a que 11 ans ! Mais ce n’est pas désagréable.

Le dernier acteur très présent est Frazer Hines, interprétant Jamie McCrimmon (compagnon du Second Docteur) dans la série. Ses chansons ont un coté Rock’n’Roll, s’inspirant de quelques groupes de rock britannique qui connaissaient le succès à l’époque.

L’ensemble de l’album est d’assez bonne qualité mais peux dérouter plus d’un fan qui ne serait pas habitué au style des années 60.

Voila la liste complète des chansons (certaines sont trouvable sur youtube) :

  1. Doctor Who (Original Theme) – BBC Radiophonic Workshop
  2. Dr Who – Eric Winstone And His Orchestra
  3. I’m Gonna Spend My Christmas With A Dalek – The Go Go’s
  4. Landing Of The Daleks – The Earthlings
  5. March Of The Robots – The Earthlings : (non trouvé)
  6. Dance Of The Daleks – Jack Dorsey And Orchestra : (non trouvé)
  7. Whose Who? – Roberta Tovey With Orchestra
  8. Not So Old – Roberta Tovey With Orchestra
  9. The Eccentric Dr Who – Malcolm Lockyer Orchestra
  10. Daleks And Thals – Malcolm Lockyer Orchestra
  11. Fugue For Though T – Bill McGuffie
  12. Who’s Dr Who – Frazer Hines
  13. Punch And Judy Man – Frazer Hines
  14. Who Is The Doctor – Jon Pertwee
  15. Pure Mystery – Jon Pertwee
  16. Dr Who – Don Harpers Homo Electronicus
  17. Landing Of The Daleks (Alt Morse Vsn) – The Earthlings : (non trouvé)
  18. Time Traveller (Prev. Unreleased) – Frazer Hines

 

Le cas Who Cares est un peu moins glorieux. En 1985, la diffusion de la série est reportée de 6 mois, ce qui cause un tollé parmi les fans. Victime d’audience basse, la série est déjà en passe d’être supprimée sous l’ère du Sixième Docteur.
C’est alors qu’à lieu une réunion d’artistes qui donnera vie à la chanson « Doctor in Distress » très rapidement. Peut-être un peu trop rapidement. Le mot « baclé » vient de suite à l’esprit lorsqu’on écoute la chanson. Malgré la participation de certains chanteurs de talents de l’époque et d’acteurs de la série (dont Colin Baker), le single est un flop monumental. Les quelques recettes qu’il fera tout de même seront reversés pour la recherche contre le cancer.

Néanmoins, les paroles méritent à elles seuls l’écoute complète de la chanson… pour les fans !

Le groupe The Timelords n’a publié qu’un seul single sous ce nom en 1988, un an avant l’arrêt provisoire de la série. Il s’agit de « Doctorin’ the Tardis », un grand Mash-Up ou l’on peut entendre des Daleks, des bruitages typique de la série et surtout un refrain entêtant, très souvent repris en cœur dans les conventions. (Doctor Whooo-ho. In Tardis, Doctor Whooo-ho. Doctor Who, Doctor Who. Doc-Doctor Who.)

D’autres groupes se forment après la fin de la série classique, comme The Bessies (du nom de la voiture du Troisième Docteur), composé de Chris Taberham et Peter Finklestone, se faisant connaitre dans les conventions. Ils produiront en 1991 une cassette audio de 4 chansons nommée Beat ‘n’ Bop :
1. The Yartek Boogie
2. Silly Song
3. Do The Quark
4. Time Rotor Blues

Les principaux groupes

Liens des groupes, par ordre alphabétique

Bad Wolf Bay
The Bad Wolves
Big Blue Box TV House Band
Binary Nine
Chameleon Circuit
The Doctor’s Daughter
Doctor Noise
Exterminate!
Friends Of The Ood
Gallifrey and the Time Lords
The Girls In The Fireplace
Harmonies In Whoville
Harriet Jones and the Former Prime Ministers
It’s A Sonic Screwdriver
A Little More Sonic
The Lonely Traveler (YouTube)
The Lone Traveler (YouTube)
The Medusa Cascade
Mr Saxon
The Noble Sisters
One Man, Two Hearts
Polyphase Avitron
Project Indigo (YouTube)
Psychic Paper
Quantum Locked
RWR!
Shadow Proclamation
The Silent Philosopher
Sol III
TARDIR
Time Vortexology
Timey Wimey Stuff
Tom Milsom
Turn Left
Unearthly Child
Void Stuff

Mention spéciale pour Laura Sigma, qui a fait un album gigantesque reprenant des parodies de toute sorte, et le LP d’Alex Carpenter (Leader du groupe de WRock The Remus Lupins) « The Tardis Key »

Présentation de Chameleon Circuit :

On ne pouvait pas finir ce dossier sans vous parler un peu du groupe TRock le plus connu, Chameleon Circuit. Avec son nom issu du système endommagé de dissimulation que possède le TARDIS, le groupe se crée en 2008, sous l’impulsion d’Alex Day, un fan qui traîne sur youtube et à qui l’idée vient en voyant le succès des groupes de Wizard Rock. Il est rejoint par Liam Dryden et Chris Beattie, avec qui il commencera immédiatement à travailler sur un album.

Le premier album éponyme du groupe sera lancé par DFTBA Records. Le second, Still Got Legs, de l’expression que le Onzième Docteur a lorsqu’il découvre son nouveau corps après régénération, sortira en 2011, sans Chris Beattie mais avec un nouveau venu, Ed Blann.

Les deux albums, tout en étant de très bonnes qualités, sont des succès retentissant auprès des fans.


Dossier : Marie Devigne « Lulujoy » pour Gallifrance.