1 Oct 2015

Posted by in Critiques, TV

[Spoilers] Critique de The Witch’s Familiar

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Et voici déjà le deuxième épisode de la saison 9, The Witch’s Familiar par Steven Moffat. Après un début prometteur où le Docteur se retrouvait sur Skaro devant l’Empire Dalek à son apogée, face à sa Némésis, Davros, et privé de sa fidèle compagne Clara et de son plus fidèle ennemi, le Maître, que penser de la suite ? Au lieu de faire comme la dernière fois où je m’étais attaché à citer les points positifs et négatifs de l’épisode, faisons un tour des points marquants de l’épisode, en bien comme en mal.

Les personnages

Personnages Saison 9Commençons simplement :

  • Clara : Qu’on l’aime ou qu’on la déteste, elle reste fidèle à son poste de compagnonne. Mais elle est ici très effacée. Si dans le premier épisode, elle était l’apprentie du Magicien en étant derrière le Docteur pour le supporter, elle est ici le familier de la sorcière, ici Missy, qui va lui en faire voir des vertes et des pas mûres. Missy lui vole totalement la vedette et ses scènes sont peu signifiantes. Enfin, presque, j’y reviendrai.
  • Missy : Si d’habitude, le Maître était celui agissant dans l’ombre, ici, elle est passée au statut de personnage trans-média, brisant tellement le quatrième mur que la maçonnerie ne saura quoi faire, tel un Deadpool ou une Pinkie Pie. C’est assez rafraîchissant et elle reste toujours menaçante et a encore la situation en main (avec son bâton pointu, évidemment). Par contre, si quelqu’un a compris le moindre de ses plans, appelez-moi…
  • Davros : Chapeau à Bleach, l’acteur qui joue Davros. Un moment, j’ai cru que Davros était sincère, un instant, j’ai cru qu’il avait changé. Et en fait, non, toujours le fou mégalomaniaque : son plan pour faire « grandir ses enfants » était génial et totalement psychopathe. Essayer de jouer avec les émotions du Docteur pour le faire tomber dans son piège, quelle bonne idée. Mais dommage que le Docteur ait changé, enfin, dommage pour lui, pas pour nous !
  • Le Docteur : Si la dernière fois Twelve m’avait fait penser au Quatrième Docteur, ici il me rappelle plus le Septième par un côté manipulateur qui ne me déplaît pas, son plan de détruire l’Empire Dalek en faisant se rebeller les Daleks semi-vivants en leur donnant son énergie de régénération est assez brillant… bien qu’il comptait y laisser la vie à vue de nez (vu sa confession et sa fête d’adieu), sauvé juste à temps par une Missy-ex-machina. Il a toutefois un style assez clownesque du Deuxième et du Septième et aussi un humour grinçant et encore une fois trans-média. Et en plus il reste assez émotionnel. Cela fait beaucoup de côtés en même temps au final…

L’humour

HumourEt encore une fois, le meilleur tient la main du pire… Non, Docteur, on ne fait pas de blagues sur les handicapés, surtout vu l’état de Davros qui était le résultat de vos actes… (En fait, non mais bref). Ces blagues incessantes étaient assez honteuses. Bon, j’avoue avoir tout de même ri…

Sinon, Moffat nous trolle de long en large et en travers : la dernière chaise de Skaro, nous revoilà du temps de son premier épisode parodique, The Curse of the Fatal Death, comme les égouts d’ailleurs. On a aussi le droit à tout cet humour trans-média, répondant à nos critiques en nous trollant, simplement. Mais il en reste de bon gag, comme Missy qui rencontre Davros pour lui piquer l’oeil comme elle se l’était promis l’épisode précédent, ou le Docteur jouant avec le chariot de Davros.

La violence

ViolenceMalgré son humour, l’histoire reste violente ; que dire de l’état de Davros, réduit à un tronc dont on voit la colonne vertébrale bouger (enfin, il faut dire qu’après avoir donné son corps pour recréer les Daleks dans La Terre volée, Dixième Docteur…), des égouts de Skaro, ou plutôt son cimetière de Daleks en décomposition. Il est vrai que la série avait été qualifiée de violente sous l’ère du Quatrième et Sixième Docteur mais cela restait pour enfants tout de même. Là, j’ai un doute car ce n’est pas parce que les enfants sont exposés à la violence partout qu’il faut en rajouter.

Sinon, cet épisode présente le premier gros mot de l’histoire de Doctor Who, dite par notre chère Missy : b***h n’est pas un mot pour qualifier une plage, définitivement. Surtout quand c’est pour rabaisser l’image de la femme. La grossièreté est bien, dans un contexte qui s’y prête pour. Mais dans Doctor Who et son langage de leçons de la BBC (que dire de Davros qui a donné à ses Daleks son tic de ne pas faire d’élision : « do not understand » au lieu de « don’t understand » par exemple au point que le logiciel corrige les élisions de Clara quand elle est en conserve. Beau détail !)

L’émotion

EmotionMoffat se tente à l’émotion et réussit ! Les scènes d’émotions entre le Docteur et Davros oscillant entre la colère, la joie et les pleurs sont très bien faites. On a une véritable alchimie entre les deux, certes fausse vu leurs manipulations respectives mais renforçant encore l’idée que les émotions peuvent être traitées dans Doctor Who. La scène final avec le Docteur et Davros enfant est lourde de sens : le Docteur a certes appris la pitié à Davros sauvant ainsi Clara (changeant ainsi le cours du temps vu que les Daleks n’éprouvaient pas la pitié avant ni la reconnaissance envers leur créateur) mais a inspiré les Daleks à Davros en montrant la forme des armes et leur célèbre cri. Toujours à double tranchant cette émotion en fait… (Par contre, cela semble faire revenir I, Davros dans le canon. Ça me va ! Et au final, on sait que Skaro a été reconstruite ; on sauve le téléfilm de 1996 et L’Asile des Daleks , Onzième Docteur.)

Le scénario

ScenarioAh, certaines scènes sont lourdes de sens. La première où Missy nous narre une aventure de la série classique avec les couloirs qui se ressemblent, les monstres mal faits, les cliffhangers pas terribles réglés par des Docteur-ex-machina. Moffat tourne le dos à l’ancienne série, lui rendant hommage mais surtout lui tournant le dos pour explorer du neuf. Le scénario des deux épisodes est bon mais dilué comme cela n’est pas possible. Un seul épisode de 60 minutes aurait suffi, ce qui explique le vide du premier épisode et les scènes forcées de ce deuxième ; toutes les scènes avec Clara sont intéressantes (comment les Daleks utilisent les émotions pour alimenter leur haine ou comment le Docteur tient à Clara) mais cela crée des creux de rythme assez dommages. Et surtout nous disperse du principal : la confrontation Davros-Docteur qui est juste un combat dantesque dans la manipulation (me rappelant un peu la confrontation L-Light dans Death Note).

Les questions

Pourquoi

Au final, vous avez compris que j’ai aimé cet épisode et aussi la consistance des deux réunis mais je ne peux m’empêcher de me poser alors j’inaugure le jeu des questions (dont la moité est juste un troll de Moffat se plaignant de pourquoi on cherche à tout expliquer) :

  • Pourquoi les Daleks vivent avec des modèles inférieurs alors que la puissance est la règle ?
  • Pourquoi y-a-t-il une chaise sur Skaro ?
  • D’où viennent la corde et le bâton de Missy, ainsi que le service à thé du Docteur ?
  • Pourquoi les Daleks se ressouviennent du Docteur ?
  • Comment Davros a-t-il survécu si longtemps et à toutes ses morts apparentes ? (même question pour Missy)
  • Croyez-vous que la BBC va commercialiser des lunettes soniques hors de prix comme jouet ?

Enfin, je donne la note de 4 étoiles sur 5 sur l’échelle d’Adric pour cet épisode et le double épisode en même temps. C’était bien et ça redynamise Doctor Who. Par contre, les audiences sont à la traîne et le troisième épisode Under The Lake semble tendre vers la base assiégée typique du Deuxième Docteur. A la semaine prochaine, les gens !

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Note : 4/5

 *La note finale de l’épisode est purement subjective et ne doit donc pas être prise comme une affirmation, mais plus comme une appréciation générale par l’auteur de la critique.

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