[Spoilers] Critique de The Return of Doctor Mysterio

Punaise, un an. Un an sans Doctor Who à la télévision. Un an sans que je fasse une critique. Et nous y revoilà, avec le début de la Saison 10, The Return of Doctor Mysterio. Cela fait du bien. Il reste à connaître les audiences pour voir si les Anglais étaient aussi en manque de Doctor Who. *cherche les chiffres* Bon, 5,7 millions de spectateurs et le septième show le plus vu de la journée de Noël. Pas terrible mais ça va. Maintenant, que vaut cet épisode ? Hé bien, nous sommes là pour ça alors allons-y !

It's a Bird... It's a Plane... No, it's the Ghost

Le point important de cette histoire est The Ghost et de son autre identité, Grant. Pile poil entre l'hommage et le plagiat, nous avons notre Superman dans Doctor Who. J'aime l'explication de ses pouvoirs (car comme l'explique le Docteur quand il entend l'origine de Spiderman, ça ne vole pas haut d'habitude).

Mais le reste, nous avons avons le Superman des films des années 70/80. Gentil, boy-scout jusqu'au bout de ses ongles, timide, j'ai beaucoup aimé le jeu de l'acteur. Idem pour Loïs Lane... euh, Lucy Fletcher, femme journaliste avec une forte personnalité. On sent bien l'hommage (avec tous ses stéréotypes), c'est mignon mais le problème, oh, je ne sais pas. Qu'est ce que ça vient faire dans Doctor Who ? Parce que même si cela vole totalement la vedette au Docteur, au moins, les personnages secondaires ont une personnalité... Ce n'est pas mauvais mais ça m'a juste donné envie de revoir Superman et Superman Returns.

Enfin, la fin de l'épisode quand Grant laisse tomber ses pouvoirs à cause du scénario, je suis un peu déçu. Surtout qu'en fait, à part secourir le Docteur à un moment et réceptionner le vaisseau, il n'a servi à pas grand chose. Au final, tout cette partie superhéros est sympa mais mal utilisée.

Mais que fait le Docteur

Car oui, on a le Docteur dans l'histoire. Si, on le voit au début et dans le vaisseau, je crois.

Je ne sais pas si ce sont ses 24 ans avec River Song qui l'ont sonné ou quoi mais on le sent totalement distrait de ce qui se passe sous ses yeux. Donner la gemme au gamin, pire idée du monde. Tiens, d'ailleurs, comment cela s'est-il arrangé avec son appareil, puisqu'il n'avait plus sa source d'énergie ? Bon, on lui accorde des points puisqu'il s'occupe de façon régulière de Grant pour voir comment cela évolue avec ses pouvoirs.

De plus, on voit que le Docteur a évolué : il est capable d'interagir avec un enfant sans qu'il soit pris de dégout ou qu'il ne comprenne rien. Il reste très différent de l'humain mais il les comprend de mieux en mieux. Le hiatus (comme celui qu'a connu Colin Baker/Sixième Docteur) a fait évoluer le personnage du Docteur hors champ, le rendant plus sympathique. C'est un bon point même si finalement, on aurait voulu voir ça à l'écran...

En tout cas, le Docteur est très à l'écart dans cet épisode. Il sauve encore la situation, c'est du véritable travail d'amateur, épisode de Noël oblige, mais un an de hiatus aurait pu nous donner quelque chose sortant de cette formule. On a encore l'épisode comique (le coup du cinéma diffusant The Mind of Evil, un épisode du Troisième Docteur, ou le coup de mettre des Pokémons dans les escaliers à Tokyo, la machine en forme de sapin de Noël, etc) assorti d'un scénario famélique.

Introducing a new companion and recurring villains

On découvre aussi mieux un de nos nouveaux compagnons pour la saison 10, Nardole. Car oui, il sera là comme compagnon régulier en plus de Bill. On retrouve enfin un homme comme compagnon et en plus, un extraterrestre. Cela fait du bien. Par contre, après Strax, j'ai encore l'impression d'avoir un Homer Simpson dans la série et je ne sais pas encore si cela va me plaire longtemps. Il a l'air compétent et comprend ce qui se passe mais ça fait très duo comique avec le Docteur. A voir même si ici, sa présence était sympathique sans être indispensable. Un peu comme le Docteur...

Pendant ce temps, nous avons le retour de ces créatures que j'avais dit qu'il ne fallait pas mettre à Noël et qu'ils ont remises à Noël : sérieusement, la tête qui s'ouvre alors que les enfants anglais sont en train de manger le repas de Noël, c'est pas génial. Et surtout, ça pose la question de pourquoi il obéissait à Hydroflax dans l'épisode précédent... Et là, leur plan est tordu, ils se font battre rapidement (on appelle UNIT, ce qui aurait pu être fait depuis le début de l'épisode) et ils n'ont aucune présence. Ils répondent au besoin du scénario mais ils auraient pu être plus  intéressants et surtout moins clichés.

Au final, rien ne sert à rien sauf à permettre à Steven Moffat de s'amuser à faire son hommage à Superman.  (Et pour le Doctor Mysterio, c'est le nom de la série au Mexique. Peter Capaldi a tellement aimé le nom quand il l'a découvert qu'il voulait que ce soit dans un épisode. C'est fait maintenant).

C'est dommage, il y avait du potentiel. Mais après un an sans série, on ne se fait pas prier, on aime chaque instant de ce qu'on voit. Un retour tranquille et c'est peut être pas plus mal. Si je devais m'écouter, je lui mettrai 4 sur 5 juste pour le plaisir de revoir tout cela mais en tant que critique (j'ai mes lunettes, je suis en mode critique), je suis un peu moins généreux. Un bon épisode mais moyen si on le prend en tant que tel.

Note : 3/5

Ah, d'ici avril, on aura le retour de la série et ça sera bon. On doit reconnaître que dans la rédaction de Gallifrance, l'année 2016 a été une année un peu creuse à tout point de vue. On va essayer de se remotiver et vous donner le meilleur pour 2017. En attendant, survivez bien au hiatus !

*La note finale de l'épisode est purement subjective et ne doit donc pas être prise comme une affirmation, mais plus comme une appréciation générale par l'auteur de la critique.