2 Avr 2014

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Space Oddities : Doctor Who en Betamax

news-article-doctor-who-betamaxJusqu’aux années 80, il était impossible de revoir d’anciens épisodes de la série classique autrement que par des rediffusions télé. Et ces dernières étaient assez rares. Enfin, il existait un autre moyen, celui des copies pirates. À cette époque, un véritable réseau d’échanges et de vente s’était créé entre les fans afin de pouvoir découvrir des histoires passées. Mais tout change lorsqu’en 1983, la BBC, commercialise la première VHS officielle. Il s’agit de l’histoire « Revenge of the Cybermen » remontée pour être vue d’un seul bloc. En d’autres termes, un seul générique de début et de fin. Mais ce que l’on sait moins, c’est que cette histoire a également été commercialisée en Laserdisc et en Betamax. c’est de ce dernier dont nous allons parler. Nous reparlerons prochainement des Laserdisc de la série classique.

VHS v.s. Betamax : La guerre des formats

Dans les années 60, le concept de revoir à volonté une émission chez soi tenait encore de la science-fiction. Certes les supports d’enregistrement à bande magnétique existaient déjà, mais ils étaient extrêmement chers, encombrants et finalement pas très efficaces. Mais surtout ils étaient destinés uniquement aux professionnels. Aucun particulier n’aurait pu acquérir ce genre de matériel. C’étaient des bobines dont la bande magnétique mesurait 2 pouces de large. Doctor Who était d’ailleurs filmé et monté sur ce support.

image017En 1965, le premier lecteur/enregistreur pour le particulier est commercialisé. Le CV -2000. Ici pas encore de cassette, mais juste une bobine de 1/2 pouces pouvant enregistrer une heure de programme en noir et blanc. Mais le principal défaut de ce système est que les bandes ne pouvaient être lues que par le lecteur qui avait servi à l’enregistrement. En d’autres termes, si vous enregistriez un programme avec un lecteur et que vous alliez le regarder chez un ami, vous vous retrouvez avec une image déformée et complètement in-regardable. Le défaut sera corrigé vers la fin des années 60 avec l’arrivée de nouveaux modèles plus performants.

En 1969, SONY crée la bande U-Matic, format plus compact, la bande ne mesurant plus que 3/4 de pouces, principalement destinée aux professionnels pour les reportages en extérieur. Désormais les programmes peuvent être enregistrés en couleurs, et non plus seulement en noir & blanc. Seul inconvénient : les cassettes ne peuvent enregistrer que 22 minutes de programme et résistent mal au temps. La bande étant abîmée par la tête de lecture à chaque lecture.

Logo_betamax_01Les années 70 voient apparaître la première vraie guerre des formats. Là où les précédents formats s’étaient peu développés en raison de leur prix assez élevé, SONY et JVC vont sortir, à quelques années d’intervalle, deux formats plus performants et surtout plus abordables pour le grand public. Dés 1975, SONY commercialise le format BETAMAX. Une cassette contenant une bande de 1/2 pouce et pouvant enregistrer jusqu’à 1 heure de programme. La qualité d’image et bien supérieure à tous les formats précédents.

En 1976, la marque nippone JVC contre-attaque et sort le format VHS. Format que tout le monde connait maintenant. Bien que la qualité d’image soit légèrement inférieure, la VHS se popularisera grâce à sa durée d’enregistrement supérieure à celle d’une BETAMAX. JVC aura aussi la bonne idée d’autoriser de nombreuses marques à produire des lecteurs VHS, contrairement à SONY qui le restreindra à seulement quelques marques.

Video_2000_format_logoEn 1978, un troisième format est proposé aux Européens par Phillips, le V2000. Bien que littéralement oublié, le format était techniquement bien supérieur aux deux autres. La V2000 avait comme principale innovation le fait d’enregistrer sur les deux faces de la bande, là où la VHS et la BETAMAX ne pouvaient enregistrer que la face externe. L’autre innovation est le DTF (Dynamic Track Following) améliorant considérablement la lecture de l’image, évitant ainsi les déchirements ou le bruit sur celle ci. Sur ce plan, la V2000 surpasse même le DVD. À ceci près et que c’est un signal analogique sur la V2000 et un signal numérique pour le DVD.

C’est durant les années 80 que la VHS supplantera finalement les deux formats concurrents. Il est difficile de dire ce qui a réellement fait pencher la balance en faveur de ce format. Certains diront que c’est grâce au marché du film érotique. Bien qu’en réalité ce soit plus un enchaînement de circonstances.

Revenge of the Cybermen

Revenge of the Cybermen VHS Cover Au début des années 80, la BBC commence donc à éditer en VHS certains de ses programmes à succès. Et bien entendu Doctor Who, n’échappe pas à la règle. Mais par où commencer ? La BBC décide donc réaliser un sondage au prêt des fans pendant la convention de Longleat en 1983. Les fans présents devaient choisir l’histoire qu’il souhaiterait voir en VHS.

C’est Tomb of the Cybermen qui arriva en tête du sondage. Hélas, cette histoire était, à cette époque, absente des archives de la BBC. Elle ne refera surface qu’en 1992 au Japon. La BBC décida donc d’éditer une autre histoire avec également des Cybermen. Et donc le 3 octobre 1983 sorti Revenge of the Cybermen, sur VHS, Betamax et Laserdisc

Cependant cette première édition n’était pas exemptée de défauts. La première chose qui choque c’est la présence du mauvais Cybermen sur la jaquette. La photo étant issue d’une autre histoire, Earthshock (Adric Boom). L’histoire a également été modifiée afin de tenir d’une traite sur la VHS, adieu les cliffhanger et bonjour la version omnibus. Il faudra attendre 1999 pour que l’histoire soit de nouveau éditée et cette fois-ci dans son découpage d’origine.

Aujourd’hui il n’est par rare de trouver une VHS, même de la première édition. À condition d’avoir le portefeuille. Mais il est nettement plus rare de trouver une version Betamax. Revenge of the Cybermen est la seule histoire a être sortie sur ce support. D’autres histoires sont sorties sur Laserdisc, mais c’est une autre histoire.

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