26 Mar 2015

Posted by in Cast & Crew, Interviews

Découvrez l’interview de Christopher Eccleston faite par Radio Times en 2005

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A l’occasion des 10 ans de la nouvelle série Doctor Who, le magazine Radio Times a mis en ligne en exclusivité l’interview de Christopher Eccleston faite en 2005. Gallifrance vous en offre aujourd’hui la traduction complète.

Préparez-vous à faire un voyage dans le passé pour découvrir la vision qu’avait l’acteur de son rôle en tant que Neuvième Docteur, alors que la série débutait à peine…

Regardiez-vous Doctor Who quand vous étiez enfant ?

Je n’allumais mon poste de télévision que pour regarder les épisodes où le Docteur se régénérait. J’étais fasciné par l’idée que quelqu’un puisse être la même personne à l’intérieur, tout en changeant brusquement et complètement d’apparence. Je dois dire que, contrairement à Star Trek, les effets spéciaux de Doctor Who m’empêchaient de vraiment croire à l’histoire. Les Docteurs étaient, à mes yeux, des figures d’autorité, et j’avais l’impression qu’ils me faisaient la leçon avec leur accent aristocratique. On aurait dit que tous les aliens venaient de Surrey, et non de Salford, la région dans laquelle j’ai grandi.

Pourquoi avez-vous accepté le rôle du Docteur ?

Je me suis toujours considéré comme un acteur de niche, qui a joué dans des séries acclamées par la critique, mais aux faibles audiences. Un jour, un journaliste m’a dit que les rôles que je jouais étaient « un régal pour les libéraux » [ndlr : courant politique qui affirme la liberté comme principe politique suprême], et je suppose qu’il n’avait pas tort – en tout cas, je l’ai laissé repartir intact ! Les gens me disent tout le temps que je suis trop morose pour faire de la comédie – alors accepter ce rôle dans Doctor Who est un véritable défi pour moi, et je trouve cela stimulant. Cela pourrait mettre fin à ma carrière, ou l’accélérer.

Comment est votre Docteur ?

Pragmatique, drôle, courageux, intelligent, anarchique, héroïque et empathique – il se soucie de la vie, qu’importe la forme qu’elle prend, et est perpétuellement émerveillé par l’univers et tout ce qu’il contient. Il est aussi enfantin, contradictoire, brutal avec ses ennemis, fébrile et curieux. Dans toutes les scènes, c’est le Docteur qui dégage le plus d’énergie.

Quelle est sa relation avec son nouveau compagnon, Rose Tyler ?

Il l’aime, tout simplement. Et c’est réciproque. Ils le nient tous les deux, mais même sa mère [à Rose] peut le voir. Le Docteur et Rose sont très similaires : ils portent tous les deux le poids de la solitude en eux. Il lui laisse une grande liberté – il l’encourage tout le temps à expérimenter de nouvelles choses – mais il attend aussi beaucoup d’elle. Il est constamment en train de lui dire : « Si tu veux voyager avec moi, ne sois pas un fardeau ».

Que ressentiez-vous lorsque vous étiez devant un écran bleu, pour les scènes où vous devez réagir à des monstres et à des actions invisibles ?

J’ai adoré. Ce qui est génial, quand on est acteur, c’est qu’on a le droit de se comporter comme un enfant, dans le sens où on peut imaginer ce qu’on veut pour le rôle. Soit on considère les scènes à écran bleu comme un calvaire, soit on les prend comme un challenge. Et puis n’oubliez pas : vous parlez à quelqu’un qui, dans Jude [film de Thomas Hardy sorti en 1996], a dû faire onze prises différentes pour la scène où son personnage comprend que son fils vient de se suicider. Le tout est de trouver des manières innovantes d’explorer la scène, afin de proposer des prises variées. Après tout, c’est notre métier, non ?

Êtes-vous déçu que votre Docteur n’ait pas son écharpe emblématique ?

Pas du tout. Dès le début, je voulais remporter le défi de jouer le rôle d’un personnage extraterrestre sans avoir à revêtir un costume extravagant, car à mes yeux que je n’avais pas besoin des chaussures bananes comme celles de Billy Connelly [ndlr : un musicien, comique et acteur britannique] et d’un boa à plumes pour ça. J’aime le fait que le Docteur porte une veste en cuir élimée. Dans un des premiers scripts, cette veste était décrite comme étant le genre de chose que porterait Terence Tramp [ndlr : acteur britannique] à la fin d’une journée de travail au marché. Eh bien, c’est moi qu’ils ont eu, et non Terence Tramp – et je suis plutôt Plug des Bash Street Kids [ndlr : bande dessinée de Leo Baxandale, créée en 1954].

Avez-vous trouvé le rôle fatiguant ?

C’est la série sur laquelle j’ai le plus travaillé de toute ma vie. Ces huit derniers mois, nous faisions des semaines de onze jours, je travaillais quatorze heures par jour et je profitais de ma pause déjeuner pour apprendre en avance mes lignes pour le soir. C’était un rythme punitif, mentalement et physiquement, mais j’ai adoré avoir la responsabilité d’être le personnage principal de la série, à devoir être ponctuel sur le plateau, à apprendre parfaitement mes lignes, pour montrer l’exemple. C’était génial.

Que pensez-vous de la réaction des médias ?

Qu’ils réagissent ! Ayant vu, jour après jour, le dévouement de l’intégralité de l’équipe de tournage, je veux faire tout mon possible pour booster l’audience de la série. L’idée qu’elle ne rencontre pas son public et soit seulement visionnée par deux ou trois curieux est juste trop triste, je n’ose même pas y penser. Et si les médias me posent des questions ennuyantes, je leur répondrai sur le même ton !

Pensez-vous que cette série soit inférieure à celles auxquelles vous avez participé auparavant, parce qu’elle s’adresse à un public enfantin ?

Pas du tout. C’est justement les enfants de huit ans que j’ai envie d’atteindre ! Un adulte ne verra très certainement pas sa vie bouleversée par une série télévisée, alors que j’espère que ce sera le cas pour un enfant. Mais ce que j’espère vraiment, c’est que Doctor Who sera regardé en même temps par des enfants et des adultes. Je me rappelle, quand j’étais petit, regarder la télévision avec ma mère, mon père et mes deux frères révélait pas mal de choses sur nous. J’étais étonné que mes frères, des jeunes employés très sérieux, apprécient l’humour des Monty Python. Et, pendant Boys from the Blackstuff, je voyais que mon père pouvait à peine regarder l’écran tant il trouvait l’histoire poignante. Si on peut arriver à ce genre de résultat, ce serait parfait à mes yeux.

Dix ans plus tard, nous pouvons confirmer le succès de la série, relancée grâce aux aventures du Docteur incarné par Christopher Eccleston – et espérons de tout cœur que nous pourrons fêter son vingtième anniversaire !

Source : Radio Times

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