18 Avr 2015

Posted by in Critiques, Livres

CRITIQUE LIVRE : Doctor Who. Les archives (Éditions Akileos)

 

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Il n’y a pas si longtemps, il était quasiment impossible de trouver des livres ou encyclopédies sur l’univers de Doctor Who. Mais depuis trois ans tout a changé : entre la collection de livres Milady et les comics de French Eyes, la licence a pris de l’ampleur, à tel point que les éditions Huginn & Muninn ont décidé de sortir la toute première encyclopédie française : Doctor Who. L’Encyclopédie des personnages, sortie le 27 février 2014 (traduction française du livre Doctor Who: Character Encyclopedia, paru en avril 2013).

…Mais même si c’est un grand pas en avant pour la franchise en France, l’ouvrage est malheureusement pauvre en informations et donc décevant même s’il peut permettre à de nouveaux fans d’en apprendre un peu plus sur certains monstres et compagnons de la série.

 

dunya11-CE00-462D-95D0Je me rappelle m’être dit, il y a plus d’un an, lors de la sortie de Doctor Who. L’Encyclopédie des personnages : « En France la première encyclopédie sur Doctor Who vient de paraître, alors qu’au Royaume-Uni il y en a tellement qu’ils sortent cet énorme livre ». De quel ouvrage parlais-je ? De Doctor Who: The Vault,  publié le 24 octobre 2013 par les éditions BBC Books.

 

À peine six mois plus tard, les éditions Akileos annonçaient la sortie prochaineCouv-DrWhoCouvargentWEB de la version française de l’encyclopédie. J’ai d’abord été incroyablement surpris qu’une maison d’édition française décide de traduire un livre aussi volumineux et surtout si rapidement après sa sortie originale. Puis je me suis renseigné sur les éditions Akileos et j’ai découvert qu’ils avaient pour habitude d’éditer de très beaux artbooks sur différents univers ainsi que des bandes dessinées.

• Présentation

Avant toute chose, voici quelques informations sur le livre :

  • Doctor Who. Les Archives est sorti chez nous le 20 novembre 2014.
  • Le livre est présenté comme un musée, c’est-à-dire que le livre nous explique, par le biais de goodies et d’objets de tournages, l’histoire de la série, du moins de ses 50 premières années (comme le dit le sous-titre du livre en version originale).
  • Il compte 384 pages, ce qui fait de lui le plus gros ouvrage en français sur Doctor Who actuellement. Mais vaut-il vraiment le coup ?

 

• Le contenu

Pour commencer, sachez une chose : il n’existe pas de livre plus complet sur l’histoire de Doctor Who que celui-ci. En effet, il retrace l’histoire de la série année par année (ou par périodes, comme pour le hiatus des années 1990), avec un grand nombre de faits et d’anecdotes. Ce livre parle de plein de choses, que soit les concepts de la série (la régénération, le TARDIS, le tournevis sonique…), la manière dont la série était tournée, les différentes histoires internes au sein de la production et, évidemment, des différents arcs (histoires réparties sur plusieurs épisodes) et épisodes de la série.

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Je trouve personnellement les anecdotes et les informations très intéressantes et complètes, tellement complètes d’ailleurs que le principe de la régénération, par exemple, n’est vraiment abordé qu’à partir de la 156e page du livre, soit quand il se consacre à l’année 1982, car dans Doctor Who. Les Archives on aborde un sujet seulement quand il a marqué l’année en question (1982 marquait justement l’arrivée du Cinquième Docteur joué par Peter Davison, succédant ainsi à Tom Baker qui était resté 7 ans dans le rôle, c’était donc le moment parfait pour aborder le sujet). Les périodes-clés sont également très détaillées. On peut y trouver des sujets rarement présents comme le renvoi de Colin Baker ou le Cartmel Master Plan (même si, à mon avis, on pouvait en dire davantage sur ce sujet). J’aime aussi le côté neutre du livre, c’est à dire qu’il ne fait que répertorier des événements sans émettre d’avis. Par exemple, le livre parle plusieurs fois d’une des personnes les plus détestées du Whoniverse : Michael Grade, et pourtant l’auteur ne se montre pas hostile envers lui (on lui doit quand même le licenciement de Colin Baker et l’arrêt de la série en 1989).

Je ne peux pas parler de ce livre sans, justement, mentionner son auteur, Marcus Hearn. Je pense qu’une petite biographie s’impose :

Marcus Hearn a commencé sa carrière chez Marvel Comics. Il a ensuite écrit pour de prestigieux journaux tels que The Independent, The Guardian ou encore The Times. Il a contribué à un grand nombre de DVD, que ce soit pour les documentaires ou les commentaires audio. Il a écrit de nombreux ouvrages, incluant la biographie officielle du cinéaste George Lucas. On peut également trouver un bon nombre de livres sur des licences telles que Chapeau melon et bottes de cuir et les Studios Hammer. L’un de ceux sur la Hammer est d’ailleurs paru aux éditions Akileos (L’Antre de la Hammer. Les trésors des archives de Hammer Films, sorti en décembre 2012).

Marcus Hearn était donc la personne idéale pour écrire ce type de livre. Il a fait un énorme travail de recherche (alors même que j’ai une bonne connaissance de l’histoire de Doctor Who, j’ai appris plein de choses), l’écriture est agréable et claire, on comprend tout de suite où il veut en venir et on sent qu’il maîtrise son sujet. Pour avoir eu la chance de le rencontrer, c’est quelqu’un d’agréable et de très intéressant. Il nous a d’ailleurs confessé qu’il préférait la version française du livre car, contrairement à la version originale, Peter Capaldi y est cité (à l’époque de l’écriture du livre, il n’avait pas encore été annoncé comme étant le nouveau Docteur).

 

• L’aspect visuel

Visuellement, le livre est magnifique. La couverture, pour commencer, reprend le design d’un morceau de la porte du TARDIS, sur lequel est gravé un énorme symbole Gallifreyien, derrière l’inscription du titre et de l’auteur. Malgré son côté sobre, elle est superbe, les inscriptions sont vernies, ce qui donne un bel effet brillant. La texture du livre est différente de la version originale, en effet la version anglaise possède une couverture molletonnée, et la possédant également, je peux vous dire qu’elle s’abîme très rapidement. La version française aborde elle une texture plus classique mais plus résistante (la seconde édition a une couverture plus épaisse).

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Pour ce qui est des illustrations à l’intérieur du livre, elles sont sublimes. Entre les goodies, les props, les croquis de costumes, de décors ou de vaisseaux, ce livre nous montre les trésors du Whoniverse. Chaque illustration est accompagnée d’une légende détaillée et elles sont agencées de façon dynamique. Pour chaque année (ou période), une double page est consacrée à sa présentation (exemple avec la page ci-dessus). Sur la page de gauche, on retrouve un texte présentant l’année en question et les évolutions que va prendre la série. En dessous du texte on a cinq petites illustrations qui marquent les temps forts de l’année en question (les illustrations pour le hiatus entre 1990 et 1995 sont magnifiques, notamment l’image d’un cyberman très effrayant de l’épisode semi-avorté The Dark Dimension). Sur la page de droite, on retrouve une photo en grand format qui illustre un grand événement de l’année.

 

• La traduction

Logo Akileos defRVBParlons maintenant de l’un des points les plus importants de cette critique : la traduction. Si les éditions Akileos ont eu une excellente idée en adaptant Doctor Who: The Vault, les traduction sont-elles au niveau ? Vous le savez sans doute mais Doctor Who n’a pas toujours été traduite de la meilleure des manières. Entre la traduction hasardeuse du téléfilm de 1996 (avec le fameux « tournevis acoustique »…), celles parfois inadaptées de France 4 (« Cafetière » pour « Handles » ?) ou la traduction… »vintage » des novélisations Doctor Who des années 1980 (vous savez, celles avec les frères Bogdanoff…). Pour le coup, Diane Lecerf, la traductrice, a fait du très bon travail. Les noms des monstres n’ont pas été déformés (comme cela a pu arriver dans les comics des éditions French Eyes) et aucune liberté de traduction n’a été prise (pas de passages coupés par exemple). On a même le droit à un petit passage introduisant le Douzième Docteur.

Avant de parler de petites erreurs commises (qui vont d’ailleurs être rectifiées dans la prochaine réimpression du livre), je voudrais évoquer une petite controverse (le mot est peut-être fort) au sujet de la traduction française du terme UNIT (c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup). En effet, dans les différentes traductions (que ce soit les éditions Milady ou Akileos), le sigle devient l’UNIT. Contrairement à ce que beaucoup disent, le  » l’  » devant le sigle n’est pas une erreur, c’est même plutôt commun d’en mettre un. Bon je vous l’accorde, c’est moins joli mais ce n’est pas une erreur. Par contre le livre a quand même deux petites erreurs de traduction (dans les deux premières éditions) : « recorder » devenu en français « enregistreur » au lieu de « flûte à bec » (erreur déjà commise dans les traductions françaises) et Tegan désignée comme étant un homme. Deux erreurs dans un livre de 384 pages, ça se pardonne, surtout quand on sait que cela va être corrigé. De plus, le livre n’aborde pas forcément les sujets les plus « grand public » du Whoniverse, ce qui a dû rendre la traduction difficile.

 

• Conclusion

Il est maintenant temps de noter le livre. Pour ce faire, je vais utiliser mon propre système de notation, « l’échelle d’Adric » (0 étoiles = digne de l’affreux Dimension in Time ; 5 étoiles = explosion de bonheur). Alors combien le livre a-t-il eu d’étoiles d’Adric ?

 

5sur5

 

Eh oui, 5 étoiles sur 5 ! Car cet ouvrage représente ce que l’on peut voir de mieux en terme de merchandising. Il est complet, intéressant, pratique et beau. Les textes et les illustrations sont de qualité ainsi que la traduction. Le livre s’adresse quand même plus à un public connaisseur qu’à un public novice voulant découvrir la série. Je finirais en rappelant que ce livre (dans sa version originale) est sorti pour les 50 ans de la série, ce qui représente un très beau cadeau d’anniversaire – finalement celui que Doctor Who méritait !

 

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En Bonus, la première partie de la conférence qui c’est tenue au Dernier Bar avant la fin du monde, à l’occasion de la sortie du livre. Nous remercions Akiléos pour nous avoir permis de l’animer en leur compagnie.

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