5 Déc 2015

Posted by in Critiques, TV

[Critique] Critique de Heaven Sent

critique-saison9-episode11On entame la grosse partie de la saison, celle que les fans de la première heure attendent depuis la saison 1. Mais ça, on y reviendra à la fin. En attendant, découvrez le mélange de Endless Eight de la saison 2, La mélancolie de Haruhi Suzumiya et The Deadly Assassin, Quatrième Docteur. Bienvenue dans Heaven Sent !

Une saison à ambiance

1448928827755[1]Je l’avais déjà dit, on a des épisodes à ambiance cette année, jouant plus sur les émotions du spectateur que sur l’intelligence avec le scénario (qui sont bons en étant simples, parfois trop). Face the Raven avait cette ambiance de Fantasy très réussie, The Girl Who Died était une grosse pantalonnade avec son moment de tragédie, etc.

Ici, on aboutit au huis-clos, au temps répétitif. Le scénario, le Docteur essayant de survivre, l’action, presque absente, un but, faire monter la mayonnaise sur les secrets du Docteur qui arriveront dans l’épisode de cette semaine. Dites cela à quelqu’un, mais à part s’il a des goûts spéciaux, je ne pense pas que cela lui donnera envie de voir l’épisode. Et pourtant, quelle merveille cet épisode.

Je ne sais pas très bien comment l’expliquer : le charisme de Peter Capaldi, déjà (un paragraphe entier sur ce point arrive juste après !), mais nous avons aussi le lieu, vide, glacé et en même temps, magnifique. Je ne sais où exactement ils ont tourné mais ce château au milieu des eaux, ces couloirs, ce jardin, le Docteur déprimé seul dans ce lieu immense… Cela crée une ambiance contemplative, très forte. Ce lieu représente bien le Docteur juste après la perte d’un être cher.

La présence du Voile arrachant sa confession à intervalles réguliers accentue la sensation de temps cyclique. Moi qui ai des fâcheuses tendances à faire des liens avec des trucs bizarres, j’y ai vu la théorie du sur-homme de Nietzche, ou l’absurdité de l’existence avec La Cantatrice Chauve de Ionesco (ou le sketch du restaurant de Chevalier et Laspalès si vous n’avez pas lu cette pièce). On est le Docteur confronté au pire des scénarios, qui le comprend et qui arrive à le survivre. Un sacrifice de soi pour retrouver quelque chose, ici Gallifrey : c’est la compensation (référence au karma et lien pour moi avec xxxHOLiC de Clamp). Bref, j’ai trouvé ça très fort dans le fond sous cette apparence simple. Le disque de confession se révèle être la prison du Docteur.

Une légende est née !

Doctor-Who-Heaven-Sent-Clara-painting-1024x681[1]L’annonce de Capaldi en 2013 avait surpris tout le monde avec un Docteur plus vieux, au physique atypique du héros que l’on connaissait. Pour ma part, ça signifiait un acteur avec de la bouteille qui arrivait. Et évidemment, cela s’est vérifié : Capaldi est un acteur qui joue merveilleusement bien. Je pense que cet épisode le démontre clairement.

Un Docteur voyageant sans compagnon, cela s’était déjà vu : avec Ten, mais il retrouvait toujours un équivalent sur place. Le seul épisode que je connais où le Docteur agit sans compagnon (ou assimilé) est vraiment The Deadly Assassin, Quatrième Docteur, qui présente comment la vie était sur Gallifrey… qui est de retour avec cet épisode (encore le temps cyclique, quand je vous dis que c’est le message de l’épisode). Si on se rappelle bien cet épisode de 1976, Tom Baker s’était amusé avec cet épisode à casser le quatrième mur, exactement comme le Douzième Docteur cette saison. (le « I need audiences ! » de cet épisode m’a tué) Bref, hommage et miroir de la situation : si The Deadly Assassin avait déçu à l’époque en montrant les Seigneurs du Temps comme corrompus, il est maintenant considéré comme un des piliers de Doctor Who. Je m’attends ici à ne pas trouver des enfants de coeur, mais même plutôt des guerriers. Chaque fois que Gallifrey apparaît, la vie y semble moins plaisante…

Capaldi transmet toutes les émotions qui passent à travers le Docteur, de façon magistrale : la colère, la tristesse, la fierté. Son costume est d’ailleurs d’un très bon goût (je crois savoir quel va être mon prochain cosplay). On a d’ailleurs une caractérisation du Docteur que je voulais voir depuis longtemps à l’écran : que le Docteur n’est pas random. Je m’explique ; avec le Second ou Onzième Docteur (les plus clownesques), on a souvent des scènes assez random et humoristiques. Mais ceux qui pensent que cela est dû à un Docteur facétieux se trompent, le Docteur contrôle son monde (il devient manipulateur dans ses mauvaises heures) et ici, la scène quand le Docteur se jette par la fenêtre montre qu’il a tout prévu à l’avance, que ses gestes étaient calculés. Voilà la confirmation d’un trait qui me plaît chez tous les Docteurs.

Bref, je vais m’arrêter là pour cet épisode.  C’était un excellent épisode, montrant le maestro du maître qu’est Capaldi en incarnant le Docteur (vous avez tout suivi ?). Un bon cru et on attend la suite!

4sur5

 Note : 4/5

Episode prochain : Gallifrey… Et Karn. Je n’y avais jamais pensé mais Karn n’a pas été détruit par la Guerre du Temps et pourtant, ses habitantes sont liées à Gallifrey. « Dernier Seigneur du Temps » ? C’est ça, espèce de poseur de Ten ! Bref, à la semaine prochaine pour une critique de l’épisode (si j’arrive dans les temps et pourtant, j’ai le voyage temporel de mon côté !)

*La note finale de l’épisode est purement subjective et ne doit donc pas être prise comme une affirmation, mais plus comme une appréciation générale par l’auteur de la critique.

%d blogueurs aiment cette page :