4 Déc 2015

Posted by in Critiques, TV

[Critique] Critique de Face the Raven

critique-saison9-episode10Bonsoir à tous ! Nous sommes ici pour célébrer quelque chose : certains l’attendaient depuis deux saisons, d’autres crient à qui veut l’entendre que c’est la pire chose qui pouvait arriver (« The horror, the horror ! »)… Bref, nous sommes là pour un regard sur ce drôle d’épisode qu’est Face the Raven de Sarah Dollard (l’une des rares femmes scénaristes dans Doctor Who !).

Du Neil Gaiman ?

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Si vous ne le saviez pas, Neil Gaiman, auteur acclamé, a écrit pour Doctor Who : on lui doit le magnifique L’Ame du Tardis/Saison 6 ainsi que l’étrange Le Cyberplanificateur/Saison 7. Et ici, le scénario m’a rappelé Neverwhere : un Londres parallèle, des créatures différentes vivant dissimulées près de nous, et quand j’ai vu l’ambiance de la rue, je dois dire qu’elle a confirmé mon sentiment : l’éclairage à la créature télépathique, les cages aux corbeaux quantiques et les déguisements des aliens me font dire que c’est clairement un hommage, un bel hommage puisque je trouve que l’idée et l’ambiance de la rue sont les meilleures parties de l’épisode (il paraît que l’allure de la rue est plus liée à Harry Potter mais ce n’est pas mon sentiment) ; quoique la recherche de la rue soit elle aussi fort sympathique.

Apéritif dinatoire: piochez ce qui vous plaît !

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Car les éléments introduits sont encore une fois utilisés maladroitement :

  • On nous introduit une nouvelle race d’aliens ayant des visions du futur et du passé, vite expédiée (au moins, pas de grand discours sur le passé affreux du Docteur, masse de la déprime de la Guerre du Temps).
  • On a Rigsy, revenu de où on ne l’attendait pas avec un enfant et une situation. Et hop là boum, il est là pour faire l’appât à Docteur avec sa mort imminente mais sinon, il ne sert à rien. Enfin, presque.
  • On a Me (The Girl Who Died/The Woman Who Lived) à la tête de cette rue : comment, d’où vient la technologie pour la cacher, non, on n’est pas là pour s’intéresser à ça, on est là cause de la mort !
  • De l’alien ? Ah non, sinon, on aurait pu avoir une enquête à la Agatha Christie qui aurait été intéressante.

On est là pour la mort de Clara, voilà c’est dit. Toute l’intrigue est créée pour mettre en scène sa fin. Mais du coup, tout passe à la trappe, à côté. Plein d’éléments sympathiques, qui auraient pu être mieux exploités (dans mon idée, une enquête de meurtre dans cette rue contre-nature où les aliens sont dans une paix incertaine et où la vraie réponse pourrait tout bouleverser… Capaldi en détective de films noirs, ça ne vous tente pas, vous ?).

Adieu Clara

maxresdefault[1]Voilà l’utilité de Rigsy, c’était pour rendre hommage à Clara car son départ devait être souhaité. Dommage que cela ne soit que pour ça car le personnage est des plus sympathiques.

Déjà, est ce que cela est son vrai champ du cygne ? J’ai des doutes. La faire partir à ce moment initialise bien le double épisode final mais je ne sais pas, ça rend mal. On peut s’attendre pour les deux prochains épisodes à un Docteur voyant Clara partout ou à un deus ex machina pour la faire revenir.

Sinon, en nous recentrant, que dire de son départ ? Avant d’y arriver, j’aimerais faire un point sur son évolution :

  • La saison 7 nous la présentait comme la Fille Impossible. Je la voyais plutôt comme un compagnon générique, je n’ai jamais trouvé que les scénarios de cette saison avaient vraiment fait leur job en lui construisant une personnalité. Mais cela s’était amélioré avec Le jour du Docteur et Le temps du Docteur, où elle servait de dernier lien à la vie du Onzième Docteur.
  • La saison 8 a été celle où je l’ai trouvée intéressante : elle gardait le moral du Docteur, elle avait sa propre vie à côté et avait une bonne personnalité. Elle avait la tendance à devenir accro à l’adrénaline et à se prendre pour le Docteur. Elle commençait à déraper et je trouve que l’épisode de clôture de cette saison avec la mort de Danny Pink était le bon moment pour la faire partir : elle avait perdu une part de sa vie à cause du Docteur et de son envie d’aventure. Et c’était prévu avant que Coleman ne décide de rester.
  • Et là, saison 9 : j’avais l’impression que les scénaristes ne savaient pas quoi faire d’elle. Entre quelques moments où elle revenait à la platitude de la saison 7, elle ne semblait pas être affectée par la mort de Danny Pink ni concernée par le fait qu’elle avait désormais un enfant dont s’occuper. Et elle se prenait pour le Docteur : la présence de Rigsy était intelligente, il venait d’un épisode où c’était Clara qui jouait le Docteur quand ce dernier ne pouvait pas. Et là, elle a voulu rejouer à ça pour sauver Rigsy, sans avoir les connaissances du Docteur ni ses régénérations. Morte par overdose d’adrénaline. Sa scène de mort est paisible, peut être trop mise en avant. Mais on a le départ en beauté, Coleman ayant un excellent jeu pour cette scène,  laissant un Docteur en colère pour se confronter à la menace inconnue qui l’attend.

Au final, cet épisode accomplit trois choses:

  • Mettre en place une ambiance : celle de la rue, qui risque de revenir car vu le coût du décor, un one-shot serait peu intelligent. Ce à quoi je dis oui si on l’exploite bien, cette fois.
  • Enlever Clara de l’histoire. Un départ de compagnon se prépare, dans la nouvelle série ; mais souvent, cela va à l’encontre du scénario, c’est le cas ici comme pour Amy et Rory.
  • Démarrer le final et ses grands mystères sur l’hybride avec un Docteur seul et en colère.

Ce n’est donc pas un mauvais épisode, juste une transition. C’est creux, gâchant les bonnes choses ; mais dans cette saison, on a souvent cette impression : le format en plusieurs parties est bon si maitrisé mais après l’avoir stoppé sur les saisons 7 et 8, le remettre en route semble un peu chaotique

3sur5

 Note : 3/5

Maintenant que Clara a quitté le Docteur de façon définitive semble-t-il, le Docteur solitaire est confronté à une menace que même lui ne connaît pas : bienvenue dans Heaven Sent. Très bientôt sur vos écrans!

*La note finale de l’épisode est purement subjective et ne doit donc pas être prise comme une affirmation, mais plus comme une appréciation générale par l’auteur de la critique.

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